témoignage

Révolution intérieure

par I. R.


Pratiquant le mouvement régénérateur depuis quatre ans et demi, j’avais souvent entendu Denis Emonet parler de deux phases - clefs du processus de réajustement : l’intensification des symptômes suivie de leur résolution. J’ai eu récemment l’occasion de vérifier ce phénomène par moi-même. 

Après que les derniers stages aient préparé le terrain par des réactions physiques particulièrement fortes, en un week- end, tout a explosé. Le pic fut le samedi. Les pleurs m’ont tenu compagnie toute la journée avec un sommet marqué pendant la séance : le sentiment d’une immense solitude, comme si j’étais seule sur terre, sur une ile déserte. Et les idées !... Eh bien, les plus noires qui soient et les plus négatives. Sur moi, sur les autres, sur la vie, la totale. La tête plus qu’encombrée au point que j’aurais voulu qu’elle éclate pour avoir enfin la paix et le silence.

Le dimanche, journée et séance plus calmes, moins de pleurs et tête plus dégagée, j’ai même pu  passer quelques coups de téléphone.

Le lundi, dès le réveil je me suis sentie plus détendue. La séance fut plus active, grands étirements au niveau des fesses et des jambes. Mon dos était comme une plaie à vif, le moindre mouvement pendant les séances me faisait crier. Peu après la séance, une douleur au ventre s’est installée, jusqu’en fin d’après midi et puis tout est revenu dans l’ordre. J’ai ressenti alors une grande fatigue, comme si j’étais passée dans une machine à broyer les corps.

Je me suis quand même demandé à un moment donné si j’allais me sortir de cette situation et en même temps je continuais à vaquer à mes occupations.

L’après-midi je suis sortie, j’avais une  drôle de sensation, comme un animal qui s’éveille après l’hibernation, comme si je renaissais à la vie, que je sortais du fin fond de l’abîme, libérée de quelque chose, je découvrais ce qui m’entourait.

Quelques semaines après, je vis la deuxième phase.

Je suis dans le métro, je vois une affiche d’un spectacle avec des humoristes, je la regarde et dans ma tête il se passe un « truc » énorme. Je me dis que pour être créatif comme le sont ces artistes, il faut être ouvert à tout et là, je sens que dans ma tête des barrières s’écroulent, mon conditionnement me saute aux yeux, combien je suis limitée par la notion du bien et du mal, du beau suivant des normes…

Je sens dans mon corps une grande ouverture qui part du ventre jusqu’à la tête. J’ai l’impression que tout chavire. J’ai un peu peur de tout ce qui  arrive, où sont mes branches pour me raccrocher,…

Je sens cette ouverture dans tout mon corps. Je me sens reliée à l’Univers et je vois le « grand Cercle » dont Denis nous parle parfois. L’Univers, tout ça je ne comprends pas trop mais là j’ai vu le Tout, cette sensation d’être rattachée au Tout (après avoir vécu l’isolement total pendant mon week-end noir).

Quand je suis sortie du métro, à l’air libre, j’ai senti que j’avais plus d’espace en moi et autour de moi.

Ça fait un peu peur cette grande ouverture, cette « vastitude » mais ça semble juste.

Quelques semaines sont passées, je me sens tout à fait différente, comme si j’avais déposé un lourd fardeau, je ne sais pas trop comment expliquer cette sensation.

J’ai la tête dans les étoiles, légère et c’est génial !